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violence urbaine

  • Violence ordinaire,

    J'avais vraiment passé une bonne journée, du coup j'étais plutôt zen. Non parce qu'il faut bien admettre qu'il m'arrive parfois de ne pas l'être du tout.

    Et dans ce moments là, la moindre contrariété peut me faire exploser.

    Un peu comme dans le film Rock avec Nicolas Cage et Sean Connery, où dans la scène finale Nicolas Cage tient dans ses mains des billes en verre rempli de nitroglycérine ou un truc dans le genre, il transpire à grosses gouttes de peur d'en échapper une.

    Avec moi c'est pareil, si je suis de mauvais poil gare à celui qui commettra une incivilité ou un truc dans le genre (dans la mesure tout de même où l'auteur de cette folie n'est pas un grand type plein de muscles et de cicatrices bien sur!).

    Mais ce jour là, point de côté obscure en moi, mais plutôt une paix intérieure résultat d'une bien bonne journée.

    Et puis comme beaucoup d'entres nous, il m'a fallut prendre le métro; haut lieu s'il en est de la sauvagerie moderne et de l'incivisme!

    Les portes étaient à peine ouvertes pour nous laisser rentrer qu'une bande de jeunes gens en descendait sans pour autant dégager le passage, stationnant juste devant la porte pour discuter le bout de gras avec leur copain restant dans la rame; le dit jeune homme poussant même jusqu'à allumer une cigarette pour finir sa conversation comme installé en terrasse.

    Une femme plutôt fluette au demeurant, âgée d'une petite cinquantaine, se permit de pousser un peu le jeune homme pour passer tout en lui faisant remarquer à quel point il gênait le passage.

    Les portes se refermèrent, laissant le fumeur seul la clope au bec au milieu d'un wagon remplit de trouillards voyageurs.

    N'allez surtout pas croire qu'il se démonta. Bien que n'étant je pense pas tout à fait très à l'aise, il s'agissait toutefois de sauver la face. Le voilà donc plein de hargne et d'insultes à la bouche s'approchant de très près de la dame en question, criant à qui voulait l'entendre qu'il n'avait rien fait pour subir un tel affront (ces mots n'étant pas exactement ceux là). Agrémentant le tout de grands gestes vifs.

    Le ton que j'emploi semble - peut être - à tord en tous cas indiquer que la scène était plutôt légère, mais n'en croyez rien, les quelques mètres d'espace qui entouraient ce garçon étaient saturés d'une tension palpable. Personne n'étant en mesure d'affirmer tout à fait que ce jeune homme ne pouvait pas faire acte de violence, d'autant que tout en gesticulant et criant il se rapprochait dangereusement de la dame. 

    Personne ne bougeait. Le voyant s'approcher un peu trop près à mon goût du visage de cette femme, j'ai tenté quelque chose en l'attrapant par le bras pour lui demander de se calmer. J'en profitait pour lui dire que contrairement à ce qu'il disait, si il "emmerdait" bien tout le monde en bloquant le passage et encore plus en fumant sa clope dans le wagon, à quoi cela lui servait il, lui demandais je. Il s'est alors retourné vers moi et à commencé à crier à mon attention de lui "foutre la paix"  "bande de facho hurlait il" et j'en passe...

    Fort heureusement, un homme et une autre jeune femme ont commencé à s'en mêler, essayant eux aussi de mettre un terme à cette grande scène du II. L'attention du jeune homme acculé, se détourna donc de moi (tant mieux!) pour se concentrer sur les deux nouveaux, mais le jeune homme s'essoufflait.

    Pendant ce temps là, une dame d'un certain âge, debout à côté de moi, accroché à la même barre que moi me murmure "vous êtes courageuse mademoiselle" et moi du lui répondre du tac au tac "non Madame, j'ai les genoux qui tremblent et le cœur au bord des lèvres".

    J'ai eu une trouille pas possible, quand tu vois que dans un wagon de 50 personnes dont plus d'une paire de mecs, seulement un homme et deux femmes ont ouverts la bouche ça fait quand même flipper.

    A postériori, je pense que ce jeune homme n'était pas bien méchant, pas vraiment certes, mais pas méchant. Mais on n'est jamais sur de rien n'est ce pas...

     Et puis il était évident que lui et moi n'avions pas les même valeurs (sans faire aucune allusion à des rillettes ou je ne sais quoi), ses valeurs de respect des autres pour ne citer qu'elles...étaient à mille lieux des miennes.

    Le jeune homme s'est peu à peu calmé, et puis des voyageurs sont descendus pour en laisser d'autres monter. Je suis moi même descendu, espérant tout de même qu'il ne descendrai pas au même arrêt que moi.

    Si cette histoire se termine bien finalement, elle m'a quand même laissé un brin chancelante...et écœuré aussi qu'une seule personne en l'occurrence un gamin d'une vingtaine d'années à tout péter, puisse à ce point effrayer les gens tellement qu'aucun n'intervienne quand une femme se fait insulter.

    Je ne suis pas courageuse parfois kamikaze mais pas courageuse du tout, et je ne sais pas ce qui m'a pris d'intervenir, j'ai juste eu ce "besoin" instinctif de ne pas laisser faire quelque chose qui m'aurait rendu encore plus dingue si j'y avais assisté en spectateur...